Cette question a fait l'objet d'une réponse écrite en marge du Conseil municipal du 28/09/2026 par Monsieur Benjamin LOUIS, adjoint chargé du quartier centre du commerce et du rayonnement :
Vous nous interrogez sur la politique de la commune pour lutter contre les phénomènes de chaleur en particulier place Saint-Léger.
La place Saint-Léger n’a pas été épargnée par les épisodes caniculaires de cet été. A l’instar du centre historique de Chambéry, cette place représente un défi majeur en terme d’adaptation au changement climatique. En outre, le sujet des climatiseurs portatifs soulève la question de la maladaptation au changement climatique, en contribuant eux-mêmes au réchauffement localisé sur la place, et plus largement via l’émission de gaz à effet de serre.
- Dans le cadre d’une réflexion globale sur l’adaptation au changement climatique, une étude sur la surchauffe urbaine menée en 2022 a montré que Chambéry est particulièrement touchée par certains phénomènes :
L’îlot de chaleur urbain (ICU) – phénomène à l’échelle de la ville où les températures sont plus élevées qu’à la campagne, principalement la nuit ;
Localement, la surchauffe de jour (on parle aussi de confort d’été), notamment sur les espaces dépourvus d’ombrage.
Par ailleurs, la ville présente des discontinuités écologiques à l’échelle territoriale.
En particulier, dans cette étude, le secteur de la place Saint-Léger apparaît comme présentant une grande densité bâtie sans présence de végétation, et une majorité de toitures en ardoise qui participe à l’échauffement du secteur. Néanmoins, il a également été observé que les multiples allées, la galerie rue Boigne, les abords de fontaines et les espaces de la place à l’ombre des bâtiments créent des espaces plus frais, malgré les températures élevées en zone ensoleillée.
Dans l’optique d’un projet d’aménagement, la place Saint-Léger est très contrainte, à l’instar du centre historique :
Elle centralise des usages intensifs et diversifiés (marchés, évènements culturels, passage de sécurité, etc.) ;
Les réseaux souterrains (gaz, fibre, électricité, eau, etc .) sont présents en maillage dense ;
La place est classée en zone Architecte des Bâtiments de France ;
Un ancien canal se trouve en dessous de la place.
Ces éléments rendent particulièrement complexes et coûteuses des opérations de désimperméabilisation et de plantation d’arbres dans cette zone. Le centre-ville reste cependant un espace crucial pour lutter contre la surchauffe urbaine et préparer les étés caniculaires à venir.
La collectivité a mené des actions fortes en matière de désimperméabilisation et de végétalisation, notamment Boulevard du Théâtre, ou encore avenue Charles de Gaulle dans le centre-ville, mais également avec un vaste programme de renaturation des cours d’école. En 2024, afin de mettre en place une action cohérente, une stratégie de désimperméabilisation a été posée pour répondre aux enjeux de surchauffe urbaine, d’infiltration des eaux et de renaturation.
Environ 160 sites potentiels ont été identifiés et catégorisés selon leur niveau de complexité :
Stationnements perméables ;
Sites de quartier ;
Intermédiaires ;
Structurants.
La stratégie permet de prioriser les sites à désimperméabiliser en fonction de quatre critères :
Espace public localisé dans l’Îlot de Chaleur Urbain (l’ICU recouvre le centre ancien de Chambéry) ;
Espace fortement usagé (fréquentation importante) et exposé à la surchauffe de jour (peu ou pas d’ombrage, espace fortement minéralisé, absence d’arbre…) ;
Espace localisé sur ou à proximité d’un corridor écologique (trame verte ou bleue) ;
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Absence de contrindication à infiltrer les eaux pluviales in-situ.
Au regard de ces critères et catégorisations, la place du Palais de Justice a été identifiée comme étant l’espace de catégorie intermédiaire prioritaire à désimperméabiliser pour la période 2025-2027. 400m² ont déjà été désartificialisés et 22 arbres plantés dans la première phase de travaux.
Dans la catégorie des projets structurants, le secteur Curial s’est montré prioritaire pour les années à venir. Il pourrait, à terme, constituer une nouvelle polarité verte et contribuer à créer une véritable ceinture verte autour du centre-ville de Chambéry. Il fait l’objet d’études préalables.
La participation citoyenne est aussi centrale dans le choix des sites. En 2025-2026, plusieurs quartiers ont bénéficié d’un chantier de désimperméabilisation et végétalisation suite à un atelier de priorisation organisé lors d’une réunion publique en décembre 2024. Par ailleurs, les citoyens ont également émis un avis consultatif sur les futurs sites intermédiaires à étudier en priorité. L’arbitrage final se tiendra prochainement.
La place Saint-Léger fait partie des sites potentiels identifiés dans la stratégie. Si la désimperméabilisation de cet espace n’est pas encore garantie, au regard notamment de son classement en zone PSMV (Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur), d’autres dispositifs d’apport de fraîcheur pourraient être envisagés, comme par exemple l’installation de structures d’ombrage en période estivale.
La Ville de Chambéry a, en effet, à cœur d’offrir à ses habitant·es une ville plus fraîche et vivante. C’est pourquoi une stratégie de désimperméabilisation a été élaborée et a permis de concentrer les efforts de la municipalité sur les espaces publics les plus pertinents et urgents à désartificialiser et végétaliser pour limiter les phénomènes de surchauffe et les maladaptations individuelles.
Dans cette démarche globale d’adaptation au changement climatique, la Ville reste attentive à ce que la Place Saint-Léger soit prise en compte selon les critères stratégiques de priorisation.
Le sujet de la désimperméabilisation et végétalisation n’est qu’un aspect de la problématique plus large de l’adaptation au changement climatique. C’est pourquoi la Ville a développé une cartographie des lieux frais accessibles au public et étudie un ensemble de solutions à l’image de la rue de Boigne, où une une solution de brumisation a été déployée, alors qu’il n’était pas possible de végétaliser massivement. D’autres dispositifs sobres d’apport de fraîcheur, comme les voiles d’ombrages par exemple, sont encore très peu répandus sur nos territoires mais pourraient être déployés dans les prochaines années.
Végétalisation du centre historique
Question citoyenne
07/10/2026 12:45
Question posée par Monsieur Bruno M :
Aujourd'hui lundi 22 juin 2026, nous avons frôlé les 45° sur la place Saint-Léger.
La place étant dépourvue de toute végétation, la chaleur emmagasinée par les pavés de la place et des autres espaces du centre historique réchauffe considérablement les bâtiments et, par la même, nos appartements, nous poussant à installer des climatiseurs portatifs. D'autres villes comme Arles, par exemple, ont planté des arbres sur leurs places minérales apportant une baisse non négligeable de la température de ces espaces. Nombres d'études ont démontré que planter un arbre (pas un arbrisseau) équivalait à apporter la fraîcheur de 5 climatiseurs.
Qu'en est-il à Chambéry ?
Merci de votre réponse.
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